samedi 6 octobre 2007

Du 28 septembre au 3 octobre : Tanjore et Kodaikanal (1)

Ce week-end là, on ne le savait pas encore, mais on partait à l'aventure.

Pourtant, ça s'annonçait plutôt simple. On avait un jour férié, le mardi 2 octobre, pour l'anniversaire de la Grande Âme de la Nation, Gandhi. A côté de ça, un appel à la grève générale pour une sombre histoire de cailloux (rigolez pas, j'essaierai d'expliquer ça une autre fois) était lancé par le parti au gouvernement dans le Tamil Nadu (rappeler que l'Inde est un Etat fédéral), tandis que les partis de l'opposition lançait évidemment des appels à une contre grève. Un joyeux bordel s'annonçait donc, et on s'est dit qu'on allait partir au vert quelques jours, incluant le mercredi, parce que 5 jours de week-end, c'est quand même mieux que 4 jours.

On a donc prévenu les profs qu'on ne serait là ni le lundi (eux non plus, de toutes façons, a priori), ni le mercredi, rempli nos sacs à dos, et, Lonely Planet à la main, nous sommes montés vendredi 28 à 22h dans le bus pour Trichy. Ca n'était déjà pas le plan original, mais il n'y avait plus de place pour Madurai. Peu importe...

Six heures plus tard (4h du matin, donc, si vous avez bien compté), nous voilà à Trichy. Après avoir fait le tour des hôtels autour de la gare routière et appris qu'ils étaient tous complets, mais pas compris pourquoi, problèmes de communication, on essaie un peu plus loin, pour enfin tomber sur quelqu'un qui nous explique que le Chief Minister du Tamil Nadu est en gros meeting pré-grève à Trichy justement ce samedi... Malin, on aurait peut-être pu se renseigner... Résultat, pas d'hôtel, nulle part où se reposer...

Trouvant la ville bien peu accueillante, on décide de prendre un autre bus pour Tanjore, à 1h30 de là. On reviendra un autre jour...

A Tanjore, tout se passe bien. On trouve un hôtel (on évitera par contre de se fier aux prix indiqués par le Routard... no comment !), on va prendre un bon petit-déj, on se fait une bonne sieste, on retourne manger, et on entame les visites : le palais des Marathas, sa salle d'audience, son interdiction des appareils photos, la collection de bronzes de l'époque de la dynastie Chola, splendide, la tour de garde et le panorama splendide sur Tanjore... Tout va bien !


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Deuxième étape, après s'être débarassés des différents démarcheurs et autres arnaqueurs de tout genre, le temple de Tanjore, un des plus beaux du Tamil Nadu (en même temps, si on en croit les guides, ce sont tous les plus beaux...). Faut avouer que celui a de la gueule, sous les rayons du soleil presque couchant... On a même réussi à entrer à l'intérieur du temple, ce qui pour les non-hindous n'est pas forcément facile... Et on s'est aussi fait bénir les uns après les autres par le joli éléphant de l'entrée du temple. Mode d'emploi ? Une roupie déposée dans la trompe de l'animal, la trompe posée sur la tête pendant un dixième de seconde (faut rentabiliser !), et l'éléphant lève la trompe pour donner la roupie à son dresseur. Pas trop de photos, ou alors discrètement, ou alors, 10 roupies de plus...


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Joli ciel bleu, aussi, hein ?

Quels projets pour la suite ? Zéliha et moi avions décidé de prendre le train pour Kodaikanal, petite station de montagne dans les Ghats Occidentaux, à l'Ouest du Tamil Nadu, les garçons (Frédéric et Jake 1) hésitaient encore, et ont finalement décidé de nous suivre. Une bonne nuit, donc, puis on part de l'hôtel avant la fin des 24h, on se fait un autre super petit-déj, au même endroit, et on part pour la gare pour attendre le train, sachant qu'on n'avait pas de réservation, autant être là en avance...


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Quelques images de notre attente, et pour la suite de nos aventures indiennes, ce sera dans un nouvel article !

23 septembre : Ganesh Chaturthi, Pondy

Le festival de Ganesh, ou "Ganesh Chaturthi", est le festival dédié au dieu hindou le plus populaire, Ganesh, histoire de fêter son anniversaire.

Rapide parenthèse culturelle : Ganesh est le fils de Shiva et de Parvati. Un jour, par erreur (je ne sais plus l'histoire exacte...), son père lui coupe la tête, dans un accès de colère sans doute. Se rendant compte de sa bêtise, il fait le voeu de remplacer la tête de son fils par la tête de la première créature vivante qu'il rencontrera. Manque de bol pour le fils en question, papa a rencontré un éléphant... Ganesh est donc un dieu à corps d'homme et tête d'éléphant. Il est vu par les indiens comme le dieu de la sagesse, de la prospérité, de la chance, comme le dieu qui les aidera dans les études, le dieu qui doit leur permettre de surpasser tous les obstacles.

"Ganesh Chaturthi", donc, est un festival d'une dizaine de jours, qui a commencé cette année autour du 15 septembre. Les premiers jours sont consacrés à la fabrication de statues de Ganesh en argile, à leur décoration dans des couleurs aussi criardes que possible, à l'adoration de ces petites (ou immenses) idoles dans chaque famille, à la redécoration des temples de Ganesh. L'animation à Pondy était déjà visible dans les premiers jours du festival.

Mais le point culminant a eu lieu le dimanche 23, avec une longue procession des idoles dans le centre-ville, qui se rendait vers la mer : oui, ils noient le pauvre Ganesh, tous les ans, comme s'il avait pas déjà assez souffert dans sa vie...

Je suis donc allée en ville ce dimanche-là, ayant quelques courses à faire : j'ai croisé la procession, suis allée au marché... et ne suis pas arrivée à temps pour voir Ganesh se faire noyer, manque de bol... Mais vous avez quand même le droit à quelques photos de Ganesh prenant d'assaut la Mahatmah Gandhi Road de Pondy !









Taekwondo

Non, vous ne rêvez pas, oui ce message va bien parler de Taekwondo. Pire encore, de moi qui apprend le taekwondo ! Imaginez le résultat...

Commençons par le commencement, c'est toujours plus efficace, pour se faire comprendre... L'université proposait, du 12 au 22 septembre, un stage de "self-défense" pour les femmes (étudiantes, profs et employées) au Département des "Women's Studies" (études des mouvements féminins, en bon français). Il faut dire que les femmes, en Inde, ne sont pas vraiment en sécurité à la nuit tombée, et sur le campus même, des cas de "eve-teasing" (terme officiel dans le droit indien pour indiquer les cas de harcèlement sexuel) ont été signalés.

Arrivée le 12, donc, pour la première "séance", qui, évidemment (on est en Inde !), ne sera pas une séance de taekwondo, mais une cérémonie d'accueil, de remerciement des participants de bien vouloir participer, etc...

On aura le droit à un discours joliment féministe du chef du département. Enfin féministe à l'indienne, c'est-à-dire que la femme indienne doit être libre et indépendante, doit avoir le droit de travailler, et de tout ce que vous voulez... Mais elle le fera d'autant mieux si elle a son père, son frère ou son mari derrière elle. Pas assez forte pour le faire toute seule, sans doute...

Le lendemain, premier cours, avec notre instructeur, responsable d'une école d'arts martiaux sur Pondy, qui s'appelle M. Staline. Ben oui, ça s'invente pas !

J'imagine que des photos vous intéresseraient...

Vous allez être gâtés, parce que j'ai même mieux que ça : une vidéo. Mettez le son pour ne pas louper les cris de sauvages... Je suis autour de la 25e seconde...




Mais j'ai quand même quelques photos...






Moi, Mamtha (camarade de la classe d'histoire), et Zéliha, petite pause pré-représentation.







Et, bientôt disponible en collector à la Prée Longue, l'article paru le 25, après la "représentation" du 22 septembre, dans un des journaux nationaux, The Hindu, avec une jolie photo de moi et quelques camarades cassant une brique enflammée avec la main...

Vous avez peur, hein, maintenant ?

lundi 24 septembre 2007

Alerte au Tsunami !

Mercredi 12 septembre, pendant une énième coupure de courant, une des américaines a reçu un sms d'un des étudiants indiens, disant "Alerte au Tsunami sur Pondichéry, faites attention !". Il faut préciser que la résidence se trouve à environ 500m de la plage... Et que, coupure de courant oblige, on ne pouvait vérifier ni à la télé ni sur Internet l'acuité (je parle bien, hein ?) de l'information... Il faut aussi dire que quatre des habitants de la résidence étaient en ville, à ce moment-là... On leur envoie un sms, histoire de les prévenir.

Quelques minutes plus tard, retour du courant, on fonce sur Internet... C'était pas une blague, on l'apprend vite. Un séisme de 8,2 à Sumatra, une alerte lancée sur toute la zone de l'Océan indien par le "Pacific Tsunami Warning Center" (qui précise que pour l'instant, aucun tsunami ne s'est formé, mais qu'un séisme de cette amplitude est en mesure d'en créer un), alerte répercutée officiellement par le gouvernement indien sur les îles Andaman et Nicobar (à l'est du sous-continent), mobilisation de l'armée à Pondy, dans le Tamil Nadu et l'Andra Pradesh... Sympa...

On reste donc à surveiller sur Internet, mais point de formation de tsunami... Au bout de deux heures, la première alerte est levée par le PTWC. Mais quasiment aussitôt, un second séisme est annoncé en Indonésie, tout près de la zone du premier, et une seconde alerte est lancée... Pour être, même scénario, levée au bout de quelques heures. Pas de tsunami, finalement, donc (tant mieux !), c'était juste une alerte par principe, un peu automatique à partir du moment où un séisme sous-marin dépasse une certaine intensité dans le Pacifique (je ne connais pas les mécanismes plus que ça, j'imagine seulement).


Ca nous aura au moins permis de se poser la question des conséquences du Tsunami du 26 décembre 2004 sur la région. Et c'est pas joyeux, ça a été assez désastreux...



(Cliquez pour voir l'animation)


Une vague de 10m, une pénétration dans les terres sur 3km à son maximum, près de 700 morts sur le territoire de Pondichéry, 8000 dans le Tamil Nadu, et 16000 morts estimés au total en Inde. Mais surtout 2,5 millions de personnes affectées dans le TN, 45000 à Pondy. "Affecté" voulant principalement dire plus de maison (30000 sans-abris sur le Territoire), mort du bétail, destruction des bateaux de pêcheurs... Toute leur vie, aux gens des petits villages entre la East Coast Road et la mer...

Evidemment, les "affectés", ce sont les plus pauvres d'entre les pauvres. Ceux qui n'avaient déjà que très peu, dont les maisons étaient en fait des huttes. Les hôtels chicos du bord de mer, modernes et résistants, n'ont pas vraiment souffert, merci pour eux... Les touristes, ça va aussi...

Aujourd'hui encore, tout au long de la East Coast Road, on voit régulièrement des panneaux annonçant l'action des ONG dans la reconstruction des villages, la construction d'écoles, l'aide aux pêcheurs dans la reconstruction de leurs bateaux... La communauté d'Auroville aurait apparemment pas mal aidé.

Mais il reste tant à faire... Et la peur d'un nouveau tsunami est bien là, il suffit d'entendre le compte-rendu de ceux qui étaient en ville ce soir-là. Les gens étaient persuadés qu'un tsunami allait advenir, à nouveau...

Quelques photos des désastres sur le territoire de Pondy, ça peut être un peu dur, donc attention aux yeux sensibles...

















Plus d'infos sur http://www.pondichery.com/french/actualites/tsunami.htm

lundi 17 septembre 2007

Université !

Vous allez peut-être avoir du mal à y croire, mais je tiens à vous rappeler que je suis à Pondy, à l'origine en tout cas, pour étudier... Qui dit étudier, dit université, aller en cours, exams, disserts, exposés... Ne vous inquiétez pas, hein, le rythme n'est pas trop élevé, grâce aux profs régulièrement absents notamment.





Reprenons le début, avant que ce billet ne ressemble plus à rien. Donc, quand je suis arrivée à Pondy, il y a de ça quasiment 3 mois (aïe, ça me fait peur, 3 mois, déjà ?), il a fallu commencer par choisir des cours. C'te blague... Déjà, les profs eux-mêmes (sans parler des responsables administratifs...) n'avaient aucune idée des cours qu'ils allaient offrir pour ce semestre. La plupart n'était pas là, de toutes façons... Au bout d'une dizaine de jours à parcourir les différents départements qui pouvaient nous intéresser, à essayer de glâner quelques informations, voire une liste de cours dans ceux où on avait de la chance, on a choisi 4 cours, qui répondait à la triple condition de sembler intéressant, de ne pas avoir lieu en même temps qu'un autre cours, et de permettre d'arriver au total de 180h requis par Sciences Po.

La liste ?

- History of India (1707-1857) : quatre heures par semaine

- India's Foreign Policy : trois heures

- Contemporary International Relations : quatre heures

- Philosophical Approach to Gandhi : trois heures


Nos cours ont commencé le 17 juillet et dès les premiers jours, on a fait connaissance avec l'un des mots-clés, à l'université de Pondichéry : "on leave" ou "not on station", à utiliser dans la phrase suivante : "There's no class, the teacher is on leave !" (soit : pas classe, le prof est absent !)...

Un ou deux cours, ok, je veux bien... Mais là, on en est à plus de la moitié du semestre, et sur 28h de cours qu'on aurait du avoir en philo (c'est la pire), on en a eu 14... 50%, remarquez, je suis sûre qu'on doit pouvoir faire pire...


Ah, j'allais oublier. Une fois les américains arrivés, on a réussi à s'organiser un cours de Tamoul (la langue du... Tamil Nadu, bravo !), qu'on a commencé début août. Deux heures de plus (une troisème devrait s'ajouter bientôt).


Bref, après deux mois à la fac, je pense que je dois pouvoir faire un premier commentaire sur ces cours. Sans parler de la notation des exams, pour le moins originale...

Commençons par le commencement :

- Histoire de l'Inde : Très bon cours, pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'on apprend énormément de choses (forcément... Qui a déjà étudié l'Histoire de l'Inde au XVIII siècle, en France, hein ?), parce que la prof est passionnée et passionnante, qu'elle a une conception vraiment moderne de l'enseignement (particulièrement rare en Inde) : elle veut au maximum faire réagir et participer ses élèves (résultat à revoir, mais au moins, elle essaye...), essaye de désacraliser sa place de professeur, fait faire des travaux de groupes pour les exposés, est particulièrement au courant de l'actualité (nous a même demandé des précisions sur la loi sur les signes religieux ostensibles en cours l'autre jour), etc... Seul bémol : franchement, allez retenir les noms des Maharajah/Diwan/Nizam/Nawab et compagnie, alors qu'on a déjà du mal à retenir les noms de nos camarades de classe...
On a eu notre premier exam ("mid-semester exam" ou "internal test") dans cette matière cette semaine (jeudi, me semble-t-il). Les résultats sont toujours en attente, mais c'était tout à fait abordable, même si elle attendait beaucoup de pages en seulement une heure et demie... Ceux qui me connaissent imaginent bien que 1 page par "question courte" (y'en avait deux), plus 4 pages sur l'essai, plus QCM, plus définitions, en une heure et demie... Ben faut pas rêver, hein ! Mais d'un autre côté, elle nous a aussi dit, à la fin de l'heure, alors qu'on finissait nos phrases, Zéliha et moi, à toute vitesse, avant de lui rendre nos copies, qu'on prenait cet exam vraiment trop au sérieux... On verra bien ce que ça va donner !

- India's Foreign Policy : Cours du département de Relations Internationales, mais forcément un peu historique aussi, qui commence en 1947. Ce cours-là est plutôt intéressant, passant du mouvement des Non-Alignés pendant la Guerre Froide aux relations avec les voisins de l'Inde (Pakistan-Bangladesh-Sri Lanka). Le point noir, mais c'est sans doute difficile à éviter, c'est l'anti-Pakistanisme (c'est sans doute un néologisme, mais j'assume) un peu beaucoup primaire du prof (membre du BJP, parti ultra-nationaliste hindu, et donc très anti-musulman), et la volonté de faire de l'Inde un pays supérieur à ses voisins, et des Indiens un peuple à part, pacifiste par nature, etc... Il nous a même expliqué que les Indiens descendaient sans doute des Atlantes... Pas encore d'exam dans ce cours, il était prévu il y a deux semaines, mais il a oublié (et on a "oublié" aussi), cette semaine il était absent (il a pris une semaine de vacances pour aller à Delhi...)... Exam donc repoussé à mardi 25. Ah si, préciser quand même que ce cours se passe sans étudiants indiens, un genre de cours particulier en accéléré prévu spécialement pour les étudiants étrangers. Nous sommes donc 4 (les trois français et Jake 1) dans le bureau du prof. C'est assez spécial, évidemment, mais le prof est très sympa, et on est donc plutôt à l'aise.

- Contemporary International Relations : le même prof. Un cours un peu vide, cette fois, très descriptif. Un pro-américanisme très marqué... Pas tellement plus à dire... Pas d'exam non plus pour l'instant (prévu vendredi 28, s'il s'en souvient).

- Tamoul (oral) : cours excellent, mais qui bouffe pas mal d'énergie. Le prof est très gentil, mais particulièrement dynamique et speed. On avance à toute vitesse, on est censés parler à toute vitesse, on est maintenant capable de tenir des conversations en tamoul... mais entre nous, pas encore avec les indiens, qu'on est incapables de comprendre, ils parlent beaucoup trop vite ! Le Tamoul est une langue dravidienne, qui n'a aucun lien avec nos langues indo-européennes, ou latines, comme la plupart des langues d'Inde du Sud. On a donc aucun repère, tout est nouveau, des mots à la construction des phrases... Mais la motivation est là, pour moi en tout cas, et je compte bien être capable de tenir une conversation dans le bus à la fin de l'année. Au deuxième semestre, j'espère aussi apprendre l'alphabet Tamoul...

- Et enfiiiiiin, last but not least, Philosophical Approach to Gandhi : que de choses à dire, sur ce cours... Je vais essayer de commencer par les points positifs... Si j'en trouve... Bon, en gros, c'est le cours le plus décevant du semestre. Ennuyeux à mourir, la prof se contente de dicter (quand elle est là...), et en gros, c'est "les aventures de Gandhi au pays des Bisounours". Un cours extrêmement descriptif, pas de réflexion sur les concepts (en philo, c'est quand même un peu abusé...), et une naïveté assez incroyable. On nous parle de la "bonté inhérente à l'espèce humaine" (elle a du louper quelques épisodes dans l'Histoire de l'Humanité...), d'une Inde vouée au pacifisme, encore une fois... Même quand on leur rappelle les massacres au moment de la Partition, les lynchages dont on entend parler quotidiennement dans le journal, les violences faites aux femmes... Quantité négligeable face au pacifisme de la philosophie hindoue, face à la tolérance religieuse (qui existe sans aucun doute, bien plus forte que par chez nous, mais qui est encore loin d'être parfaite)... Le plus étonnant, c'est qu'après avoir vanté cette tolérance religieuse indienne, la prof enchaîne sur les attentats ayant eu lieu à Hyderabad il y a quelques semaines, et sort comme ça "les responsables de ces attaques, ce sont les musulmans, tous des terroristes ! " (La citation n'est pas exacte, mais c'était pas loin, et c'était largement aussi aggressif...). Quant à l'Occident... L'Occident est un monde sans valeur, individualiste, matérialiste... Pas tout à fait faux, je vous l'accorde... Mais une perspective un peu moins générale et péjorative ne ferait de mal à personne... Les élèves ne réagissent pas, se contentent de prendre en note ce que la prof dicte, et qui a un peu valeur de parole divine... Et quand nous essayons de contredire son discours, ou pire, de questionner la pensée gandhienne... La contradiction n'est pas vraiment possible...
A côté de ça, nous avons eu exam dans cette matière le 10 septembre, je crois, sur l'introduction (une intro à la Maliesky, deux fois plus longue que chaque partie ensuite)... Le sujet approchant le "Recrachez votre cours". J'ai donc recraché, en essayant d'organiser un peu tout ça, et j'ai obtenu un 7/10. Essayez de deviner d'où vient cette note... Je vous cite la prof "avec une si jolie écriture, je ne pouvais pas mettre moins de 7 ! Par contre, si vous voulez faire mieux la prochaine fois, faites une marge à la gauche de votre page !". D'accord, mais euh... Et le contenu ? "Le contenu ? Euh... Le contenu... Oui, oui, c'était ok..."... Je suis pas sûre qu'elle ait lu ma copie !


Pour finir, quelques photos du campus :



Les bâtiments de "sciences and humanities", où ont lieu tous nos cours.



Les bâtiments de l'administration.



La jungle qu'on traverse pour aller du FSH aux bâtiments de cours...

dimanche 16 septembre 2007

1er Septembre : Mahabalipuram

On avait une visiteuse, cette semaine-là : Laetitia, qui profitait d'une longue semaine de vacances à l'université de Kottayam (Kerala) pour visiter le Tamil Nadu, et nous rendre une visite aux Pondichériens que nous sommes...

Après la mémorable "Mexican Party" du jeudi soir, une journée de cours un peu difficile pour nous, et un passage à Gingee encore plus difficile pour elle le vendredi, nous (Zéliha, Laetitia et moi) avons décidé le samedi midi de partir pour Mahabalipuram (ou Mamallapuram) pour l'après-midi.

Le plan étant de rejoindre Jake 2 et Emily, qui y étaient depuis le matin... Manque de bol, quand on est arrivées, après 1h30 de bus un peu flippante sur l'ECR, direction Chennai, on reçoit un sms qui nous dit "On a fini, on se retrouve pour manger ce soir !". Vraiment, en Inde, planifier ne sert à rien...


La première impression sur la petite ville (12 000 habitants), classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO est plutôt positive. Le village de tailleurs de pierre est touristique mais pas trop, et la plage, première étape, nous fait beaucoup rire. Mieux qu'un zoo, avec ses chiens, ses vaches, ses chèvres, ses corneilles... Sans compter les bateaux de pêcheurs super colorés...


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Après avoir tourné un peu dans tous les sens, on trouve l'entrée du Shore Temple (Temple du Rivage), un temple dédié à Shiva, construit au VIIIe siècle, juste au bord de la mer. Il a été épargné par le tsunami de 2004, heureusement, grâce à une digue construite peu de temps avant.


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Evidemment, un peu de restauration, comme pour la plupart des monuments indiens, ne ferait pas de mal, mais ça reste très impressionnant, plein de petits détails...



Etape suivante : "Arjuna's Penance", dans le centre du village. C'est un grand bas-relief, de 27x9m, gravé au VIIe siècle dans un seul bloc de granit, et qui représente la Descente du Gange sur Terre, invoquée par Arjuna, et freinée par la chevelure de Shiva pour éviter la destruction du monde... Pleins de petits détails amusants, une fresque vraiment grandiose.


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A l'origine, de l'eau coulait de la fente entre les deux parties de la fresque, symbolisant le Gange.

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Quand le chat fait du yoga, les souris dansent...

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Le type dans une position bizarre, c'est Arjuna, en plein pénitence, demandant l'aide de Shiva (personnage juste à gauche) pour freiner la descente du Gange qu'il a provoquée.

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Juste à droite de la fresque, deux singes en pierre s'épouillent depuis 14 siècles... Ca devrait être bon, maintenant, non ?



La colline derrière le bas-relief est parsemée de temples, bas-relief, grottes sculptées, etc... D'abord, juste à gauche de la Descente du Gange, se trouve un temple à Krishna, taillé dans la roche, Krishna Mandapa.


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Laetitia et Zéliha, qui tentent d'imiter Krishna protégeant le village...



Autre attraction, Krishna Butter Ball, ce gros bloc de granit qui semble tenir un peu n'importe comment sur la pente... Vous pouvez toujours essayer de le remuer, ça fait des siècles qu'il est là, et il n'a pas l'intention de bouger... Demandez aux anglais, qui même avec quelques éléphants, n'ont pas réussi à la faire bouger d'un centimètre... (Les indiens en rient encore !).


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Evidemment, les singes pickpockets sont encore au rendez-vous...

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Une explication, maintenant ? En fait, c'est l'érosion qui a créé ce truc un peu étrange, et la boule de pierre est attachée à la pente par sa base... Pas trop de risque qu'elle nous tombe dessus avant quelques centaines d'années, donc...



Toujours sur cette colline aux merveilles, on trouve "Thrue Murtie Cave", un temple dédié à la trinité hindoue (Shiva le destructeur, Brahma le créateur, et Vishnu, censé maintenir tout ça).


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Dernière étape de la journée, avant la fermeture des sites, les Five Rathas. Cinq temples en forme de chariots de procession (mais sans les roues...), dédié à Durga, Shiva sous un de ses avatars, Vishnu, Shiva again, et Indra...


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Resto, et retour à Pondy, pour une nuit de sommeil bien méritée !!

A bientôt pour de nouvelles aventures...